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Entretien avec le directeur du service culture de la mairie de Bourges
Sophie - 21 mai 2004

Nous avons interviewé Alain Meilland, directeur du service culture de la mairie de Bourges.

L’aide apportée par la mairie au Printemps de Bourges est avant tout une aide financière au travers d’une subvention d’environ 800 000 euros. Cette subvention s’accompagne d’une aide logistique et technique (mise à disposition de lieux et de salles, bâtiments). Au total, cela représente un apport valorisable à hauteur de 100 000 euros. Dans le budget du service culture, le Printemps de Bourges représente environ 20% des dépenses. Dans la logique d’aide de la municipalité, il y a l’idée qu’elle vient compléter les aides des autres partenaires pour contribuer à la réalisation d’un événement de grande envergure. L’aide de la municipalité est ainsi démultipliée par celles des autres partenaires. Par ailleurs, le responsable culture tient à rappeler que le public reste le principal financeur de la manifestation.

Le premier but poursuivi est la notoriété de la ville (indépendamment de l’image) et l’aide est aussi envisagée comme un investissement puisqu’il y a un retour en terme de consommation, d’économie...

En terme de retombées, le principal impact réside logiquement dans l’accroissement de la notoriété de la ville. Le Printemps de Bourges est la première source de publicité de la ville, même s’il ne constitue pas un support d’image. En effet, Bourges jouit plutôt d’une image de ville d’histoire, tournée vers le patrimoine. Le Printemps n’offre donc pas un véritable bénéfice d’image pour la ville, mais présente toutefois l’intérêt d’un rééquilibrage du positionnement de la ville, ainsi davantage tournée vers la jeunesse et les nouvelles technologies au travers des musiques actuelles. Par ailleurs, le "coup de projecteur" sur la ville est prolongé par le système des découvertes du Printemps, sélections organisées dans toutes les régions de France qui permmettent de faire apparaître le nom de Bourges dans les presses locales au moment des tremplins.

En deuxième place, le responsable du service culture souligne les retombées économiques locales. Même s’il ne dispose que de « bouts » d’études d’impact, le responsable évoque une étude réalisée par la Communauté Européenne sur les Villes de Festival dans laquelle les cas français retenus étaient ceux d’Avignon et de Bourges. La conclusion générale de l’étude était que les retombées indirectes sur l’économie locale étaient de l’ordre du budget du festival, soit un franc investi=un franc de retombées locales. Les retombées en terme d’emploi sont également très ponctuelles. Le Festival n’emploie à l’année qu’une dizaine de salariés permanents. A partir du mois de décembre, des postes intermittents commencent à apparaître (secrétariat, communication...) pour atteindre leur apogée sur le mois du Festival avec environ 800 personnes travaillant pour le Printemps.

En terme de développement touristique, les répercussions ne sont pas significatives. Le Festival n’engendrerait pas une découverte des lieux touristiques de la ville ou des environs et ne déboucherait pas non plus sur des choix de séjours postérieurs. Toutefois, il est vrai que le Festival, en dehors de sa programmation, attire une foule croissante de personnes, attirées par l’amiance de l’événement. Cette année, alors qu’on dénombre environ 50 000 entrées payantes, on puet considérer que l’affluence totale a permis de doubler ce chiffre de fréquentation.

Par ailleurs, étant donné qu’il attire de nombreux journalistes, le Festival permet de susciter des retombées touristiques et publicitaires indirectes. Par exemple, c’est un journaliste couvrant le Festival qui a suggéré à l’équipe du magazine "Faut pas rêver" de venir découvrir la ville et de faire un reportage sur le patrimoine berrurier.

Il faut par ailleurs souligner que l’afflux de professionnels et de journalistes permet d’atteindre un taux de remplissage de 100% des hôtels et restaurants à 60km à la ronde. Une étude indiquerait par ailleurs que ole Festival permettrait de conforter 10 emplois dans le secteur de l’hotellerie et de la restauration.

On peut enfin ajouter à ces considérations touristiques une donnée qui est le temps moyen de séjour des festivaliers : 2,4 jours.

Les impacts sur le développement local et l’aménagement local ne sont pas très sensibles. Le Festival agit davantage à la marge, comme un élément différenciateur ou accélrateur mais ne peut être considéré comme un levier de développement indépendant et se suffisant à lui-même pour la croissance de la ville. En effet, selon Monsieur Meilland, aucune entreprise ne se serait installée sur le site uniquement à cause de la présence spécifique du Festival. En revanche, entre plusieurs villes équivalentes et concurrentes, le Festival peut intervenir comme un élément différenciateur, une sorte de "cerise sur le gâteau" qui influera positivement sur le choix des groupes et entrepreneurs. On peut toutefois souligner l’existence d’une tentative, qui a échoué, de créer un pôle rock n’roll autour de Bourges et de son Festival, une sorte de "Nashville français" que la mairie avait souhaité favoriser en prodiguant aides et avantages aux entreprises de sons, de production, etc...

En ce qui concerne l’organisation du Festival, la Mairie travaille essentiellement avec l’office du tourisme de Bourges, qui s’occupe notamment de faire le relais des réservations hotelières. Une plaquette est également réalisée sur Bourges, la ville des Festivals.

Enfin, la municipalité et les organisateurs ont confié la responsabilité de l’organisation de l’accueil des jeunes sur le Festival aux Céméa (association d’éducation culturelle), qui réquisitionnent lycées et collèges pour l’hébergement, la restauration et l’encadrement des jeunes spectateurs qui désirent profiter de leurs formules. Diverses activités et rencontres sont possibles avec les professionnels de la musique programmés au festival. Les forfaits séjour sont plsu qu’abordables puisqu’ils proposent un hébergement en demi-pension pour 30 euros par jour.


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