Mémoire HEC
 
Accueil  >  Recherche documentaire >  Tourisme culturel >  Tourisme culturel et Festivals, les conclusions de Luc Benito >> Administration <<
 
Tourisme culturel et Festivals, les conclusions de Luc Benito
Sophie - 9 mai 2004

Nous l’avons vu, les collaborations entre tourisme et culture, ne sont pas vraiment développées. Avec l’élargissement des pratiques culturelles, la France a connu un véritable phénomène de « Festivalomania ». Toutefois, les collaborations entre professionnels du tourisme et organisateurs sont demeurées timides.

Cette constation se confirme au niveau des Festivals. Plusieurs acteurs, certains privés, d’autres issus d’iniatives locales, ont tenté de développer une offre centrée sur ces événements. On peut citer les iniatives privées d’Arts et Vie, Koré Voyages, Clio, La Fugue, Baoom, Voyages 4A...mais aussi souligner l’action de certains SLA. Toutefois on dénombre très peu de Festivals ayant tenté de profiter des synergies que pourraient engendrer le développement de collaborations touristiques. En effet, l’action des opérateurs touristiques pourrait pourtant contribuer à la promotion et à la commercialisation des événements. Cependant, une étude réalisée par Eric Sneed et Eric Valenchon en 1988 sur 75 festivals français montraient que seuls 20% d’entre eux disposaient de formules combinées, soit une offre restauration et/ou hébergement et/ou transport et/ou animation centrée sur le Festival et proposée par un prestataire unique.

De façon générale, les Festivals patissent de la faiblesse de leur réseau de distribution. Toujours selon cette étude, seuls 30% des Festivals de l’échantillon avaient conclu des accords avec des hôteliers de la ville ou de la région, et seulement 5% avaient signé des contrats de partenariat avec des entreprises de transport.

D’après l’analyse de Luc Benito, il existe plusieurs données essentielles qui freinent l’émergence de telles offres. Tout d’abord, de façon générale, les Français sont peu enclins à organiser leurs vacances ou loisirs via des agences de voyage, ce qui constitue un obstacle majeur du côté de la demande. De plus, il existerait une faible demande solvable pour ce type d’offres. Seuls les festivals « hauts de gamme », et notamment ceux ayant trait à l’opéra ou à la musique classique, permettraient de rencontrer un public intéressé et donc de rentabiliser ce type d’offres élagies.

Mais on peut également souligner les freins importants qui sont à l’actif de l’offre. Tout d’abord, les festivals apparaissent aux voyagistes comme des partenaires peu fiables et donc très compliqués à référencer. En effet, non seulement la programmation définitive de l’événements est très souvent communiquée tardivement mais elle est aussi sujette à des annulations ou à des revirements de dernière minute. De plus, les organisations festivalières ne font pas toujours preuve d’une grande souplesse pour collaborer avec eux. Certains festivals se refusent par exemple à proposer des contingents et ne consentent que des ventes fermes de places, ce qui augmente les risques et complique la tâche des opérateurs touristiques. Enfin, il semblerait que le taux de marge dégagé sur ce type de produits soient trop faibles pour les acteurs fassent l’effort de s’y engager.

L’entretien avec la directrice du pôle culturel d’Arts et Vie a en partie confirmé ces hypothèses.

Toutefois, on peut supposer qu’il existe un potentiel de demande, notamment de la part du public qui vient de loin (public extra-régional ou étrnager) et qui ne souhaite pas s’embarraser des modalités d’organisation du voyage. Luc Benito souligne d’ailleurs que les responsables de festivals seraient de plus en plus nombreux à prendre l’initiative du montage de produits touristiques et auraient davantage recours aux services des agences de voyage pour la distribution de ces offres.

Les entretiens avec les organisateurs des différents Festivals devraient nous permettre de mesurer leur degré de collaboration avec les opérateurs touristiques et de déterminer dans quelle mesure les freins évoqués précédemment interagissent sur le développement d’une offre touristique. Il serait notamment intéressant de comprendre pour Bourges et Belfort si les questions de solvabilité de la demande, a priori particulièrement pertinentes étant donné le public visé, ont entravé le développement de produits touristiques associés ou si au contraire, les organisateurs ont su s’adapter et développer des offres spécifiques.


Articles dans la même rubrique :
Les Festivaliers : profils et attentes - 8 mai 2004
Entretien avec D Barberry, directrice du service culturel de Arts et Vie - 6 mai 2004
Les opérateurs touristiques et les festivals - 27 avril 2004
Etat des lieux du tourisme culturel en France - 23 avril 2004
Les acteurs du tourisme culturel - 22 avril 2004
 
 
Résumé  |  Plan