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Le rôle des collectivités locales appréhendé au travers du budget des Festivals
Sophie - 9 mai 2004
Documents joints :  Budget moyen d’un Festival

La typologie et la description des impacts des Festivals nous ont permis de comprendre l’importance des enjeux de développement économique, touristique, culturel et social que sous-tendent ces événements. De nombreux Festivals ont d’ailleurs été créés à l’initiative de collectivités locales (villes, communauté de communes, départements) et dans leur immense majorité, les collectivités sont devenus des partenaires incontournables de l’événement.

Le rôle des collectivités peut tout notamment s’appréhender au travers de leur poids dans le budget moyen des Festivals.

cf. tableau de financement en pièce jointe Source : La Lettre du Mécénat

Le poids des collectivités est d’autant plus fort que l’Etat fait preuve d’un engagement modeste en matière de politique de soutien aux Festivals. Rappelons que le Bureau des Festivals du Ministère de la Culture et de la Communication a d’ailleurs été fermé à la fin des années 80. Dans le domaine de la musique, l’Etat réserve ainsi sa priorité aux événements présentant une envergure nationale et un rayonnement international. En 1998, l’Etat a ainsi apporté 55 millions de francs, distribués à 376 festivals musicaux.

Le soutien des régions est aussi relativement modeste : autour de 9% du budget des Festivals. Les entités régionales voient surtout dans ces opérations événementielles un support de promotion touristique. On rencontre d’ailleurs souvent des cas de soutien global à un ensemble de Festivals régionaux, par exemple au travers d’une politique de communication générale, la logique étant avant tout de promouvoir l’espace régional plutôt qu’un Festival en particulier.

Les départements ont eux aussi une contribution relativement modeste, ce qui s’explique essentiellement par la nature de leur mission : ils sont plutôt responsables du fonctionnements des équipements et des infrastructures de leurs espaces territoriaux. Toutefois, ils sont parfois directement à l’origine de l’organisation d’événementiels, soucieux de promouvoir et moderniser l’image du département : les Eurockéennes de Belfort sont ainsi un très bon exemple d’initiative et de soutien départemental.

Mais, comme c’est le cas pour l’ensemble des dépenses culturelles en France, c’est aux communes que revient le plus gros effort de soutien et de financement des Festivals. Participant à hauteur de 20 à 40% du budget de ces événements, elles apportent souvent bien plus qu’une manne financière en fournissant une aide en nature non négligeable. A Bourges par exemple, le prêt de salles et d’espaces, la mise à disposition d’un marché aux emplacements payants dont les recettes vont directement dans les caisses des organisateurs, la participation aux campagnes de communication... sont autant de supports essentiels à la réussite du Festival et que la ville fournit gracieusement.

On peut toutefois noter que le genre musical est celui qui en moyenne dispose du pourcentage de ressources propres le plus élevé, notamment grâce aux recettes de billetterie : par exemple, le Festival Jazz in Marciac est autofinancé à hauteurs de 65%, ce qui est considérable, quand on sait par exemple que le Printemps de Bourges reçoit déjà 45% de subventions publiques. Les ressources annexes sont aussi parfois non négligeables. La location des stands qui cohabitent avec le Festival à Bourges fournit par exemple des ressources conséquentes aux organisateurs du Printemps de Bourges.

Enfin, reste à souligner le rôle du mécénat et des partenariats d’entreprises. Le graphique précédent indique un poids moyen de 14% dans le budget des Festivals. Dans l’ensemble, la tendance va dans le sens d’un mécénat de grands groupes pour les événements de grande envergure et avec à l’inverse un soutien d’entreprises plus modestes pour les « petits » Festivals. Le Printemps de Bourges, événement désormais bien assis dans le paysage culturel français, a par exemple reçu une subvention de 2 millions de francs en 1992 de la part de MCM. Toutefois, le soutien aux grands événements demeure accessible aux petites entreprises via la constitution de groupements ou de clubs d’entreprises locales. C’est ainsi le cas à Belfort et à Bourges où les entrepreneurs locaux ont pris part à l’événement en se ressemblant sous un club. Leur participation conjointe autorise une visibilité suffisante et leur permet de bénéficier des retombées médiatiques du Festival sans être noyé au milieu des autres partenaires. La recherche de mécènes devient d’ailleurs de plus en plus stratégique dans le montage des gros événements au point que certains vont jusqu’à déléguer cette activité à des entreprises spécialisées. Le Printemps de Bourges a par exemple recours à une agence de parrainage spécialisée dans les événements culturels pour décrocher le soutien de mécènes privés.


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