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Les Festivaliers : profils et attentes
Sophie - 8 mai 2004

Le public des Festivals en France peut être caractérisé et segmenté selon plusieurs critères : l’âge, le sexe, les catégories socioprofessionnelles, le niveau d’éducation et les habitudes de pratiques culturelles en général, mais aussi l’origine géographique (public local, national ou étranger) qui conditionne fortement le développement d’une économie touristique connexe aux festivals.

La répartition du public par origine géographique varie fortement selon les types de festivals. Il semble que plus un Festival a une programmation pointue et plus sa renommée est forte, plus il a de chance d’attirer un public plus lointain. Pour les cas qui nous intéressent, Jazz in Marciac attirait en 1993 62% de spectateurs du Grand Ouest, 6% de région parisienne, 28% des autres régions de France, 2% d’étrangers mais seulement 2% de locaux, ce qui est essentiellement dû à la très faible densité de population de la ville d’accueil. Pour les Eurockéennes, la répartition est la suivante : le Grand Est représente 77% du public, dont 23% provenant directement du Territoire de Belfort, 13% venant de l’Est, 9% de la région parisienne, 6% du Centre, 3% du Sud et 2% de l’Ouest.

Selon les Festivals, le public attiré présente des caractéristiques différentes. Même s’il est difficile de généraliser, de grandes tendances semblent toutefois se dessiner. Pour le cas des Festivals musicaux, qui est celui qui nous intéresse, on pourra par exemple constater que la moyenne d’âge des Festivals de musique classique, baroque, lyrique, etc... est plus élevée que celle des Festivals de Jazz, elle-même supérieure à celle des Festivals de Musiques Actuelles. Par exemple, la classe d’âge la plus représentée au Festival Jazz in Marciac est celle des 36-45 ans (27% du public) et 60% du public des Eurockéennes de Belfort a moins de 25 ans, quand à l’inverse un Festival comme celui d’Aix-en-Provence rencontre un public nettement plus âgé puisque la majorité des festivaliers (70%) a plus de 40 ans.

De même, si les premiers Festivals, à dominante "classique" au sens large du terme, attirent un public relativement féminisé, les événements construits autour du Jazz ou des musiques actuelles (variété, rock,...) attirent davantage les hommes. Jazz in Marciac intéresse par exemple 57% d’hommes et les Eurockéennes 63%.

Dans l’ensemble, les Festivals semblent attirer une population relativement instruite. Mais on dispose surtout de données concernant les profils socioprofessionnels des Festivaliers. De façon générale, c’est la thématique du Festival qui semble influencer le profil du public, conformément aux tendances qui se dégagent de l’étude des pratiques culturelles en général. Les Festivals relatifs à la culture "classique" (lyrique, musique classique, danse...) attirent une majorité de catégories sociales plutôt élevées. Les festivals jazz et variété toucheraient un plus grand nombre de catégories socioprofessionnelles. A titre de comparaison, voici la composition du public du Festival Jazz in Marciac et de celui des Eurockéennes. JIM attire environ 39% de professions intermédiaires et employés, 16% d’enseignants, 15% de cadres supérieurs, 15% d’étudiants, et très peu d’ouvriers, d’agriculteurs et de commerçants/artisans. Les Eurockéennes, étant donné le profil d’âge de leur public, sont fréquentées avant tout par des étudiants et lycéens (50%), mais intéressent aussi 15% de professions intermédiaires, 12% d’employés, 8% d’ouvriers, 6% de professions intellectuelles et 1% d’artisans et commerçants.

Il va sans dire que ces constatations sont d’une part le fruit de la segmentation générale que l’on retrouve en terme de pratique culturelle et d’autre part liées au degré d’ouverture souhaité par les organisateurs des Festivals, en terme de politique tarifaire et/ou de programmation. Les Festivals d’Art Lyrique par exemple sont souvent très chers, avec des places dont les prix avoisinent les 15O€.

Puisque le profil des festivaliers semble influencé par ses centres d’intérêt et ses pratiques culturelles, penchons-nous sur ce critère. Il apparaît ainsi que le festivalier fréquente souvent d’autres Festivals et prolonge par le Festival un intérêt et une consommation habituelle, dans le domaine concerné ou dans d’autres. Pour exemple, on peut remarquer que 48% du public de Jazz in Marciac a assisté à plusieurs festivals dans l’année précédant l’événement. Finalement, on retrouve au sein des festivals, les consommateurs et amateurs culturels en général, c’est-à-dire avant tout des personnes disposant le plus souvent d’un niveau d’instruction relativement élevé.

Pour autant, il est possible de distinguer différents types de festivaliers selon les motivations et attentes qui animent sa venue. Si, à l’instar de L. Benito, on tente de dresser une forme de typologie de la demande du festival, quatre grandes tendances se dessinent :
-  Le public local, qui vit le festival avant tout comme une fête
-  Le public occasionnel, qui voit dans le festival l’opportunité d’une sortie culturelle : il s’agit le plus souvent d’un public régional
-  Le public passionné, qui minoritaire, peut venir de loin pour avoir accès à la programmation du Festival
-  Les touristes de passage qui vivent le festival comme une animation festive locale

Dans chacun des cas, le produit festival constitue une consommation intégrée répondant à différentes attentes non exclusives : besoins et envies culturels, programme touristique (découverte d’un site attractif, délassement, loisirs), motivations sociales d’échanges et de rencontres.


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