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Etat des lieux du tourisme culturel en France
Sophie - 23 avril 2004

Le tourisme culturel apparaît à l’heure actuelle comme le segment le plus porteur du tourisme en général. Une étude du WTO montre que le tourisme culturel représenterait 37% des voyages touristiques et que sa demande augmenterait de 15% par an.

Le développement du tourisme s’est réellement fait jour en France pendant les trente Glorieuses. L’augmentation du pouvoir d’achat et du temps libre des français a permis l’augmentation du nombre de vacanciers et le développement d’un « tourisme de masse ». L’explosion du tourisme a eu lieu dans les années 1980. Cette grande tendance s’explique surtout par la facilité de se déplacer et par le développement des séjours courts. Par ailleurs, il faut souligner le rôle certain de la décentralisation dans le développement du tourisme local. La Loi autorise en effet « un marquage identitaire du territoire de la même façon qu’une entreprise élabore une marque pour fidéliser sa clientèle ». (Alain Rallet)

Toutefois, petit à petit, l’uniformisation de l’offre touristique a poussé les touristes à rechercher des voyages et des séjours plus inédits, plus originaux. Les touristes s’orientent davantage vers de multiples séjours de courte durée, que vers de longs voyages. Le tourisme culturel, qui permettait de répondre à ces nouvelles attentes, s’est ainsi développé.

Le tourisme culturel revêt deux formes principales, selon Martin Garay : « la première ne comprend des pratiques culturelles qu’en complément d’une villégiature de repos", "la seconde laisse prédominer la motivation culturelle sans exclure pour autant le délassement et la distraction ». Jusqu’à la fin des années 70, le modèle prédominant du tourisme culturel était la recherche d’une culture classique, relativement élitiste, conforme au profil traditionnel du consommateur culturel, tel qu’il ressort par exemple de l’enquête sur « les pratiques culturelles des Français » d’Olivier Donnat. Toutefois, une nouvelle forme de touriste culturel se développe avec l’effacement des frontières entre culture « classique » et culture « populaire ». Une enquête intitulée « Cultural Tourism in Europe » réalisée en 1996 révèle l’apparition d’un nouveau profil de touriste culturel à la recherche d’un développement personnel plus global. (cf. Jean-François Grunfeld).

Pourtant, en dépit d’une demande pourtant accrue pour une offre nouvelle dans ce secteur, deux rapports incontournables démontrent la faiblesse du tourisme culturel en France et l’absence d’actions conjuguées en termes économique, touristique et culturel pour favoriser son développement.

Tout d’abord, le rapport Monferrand/Colardelle souligne le manque de mise en valeur du patrimoine culturel français pourtant si riche. Selon ses auteurs, représentant respectivement le monde de la Culture et du Tourisme, moins de 1% de l’offre culturelle française ferait l’objet d’une réelle exploitation touristique. Pour les Festivals notamment, sur les 2 000 événements et spectacles recensés, seule une vingtaine connaitrait une fréquentation importante.

Par ailleurs, l’étude du Conseil Economique et Social de Philippe Dechartre - « Evénements culturels et développement local » - souligne les lacunes françaises en terme de recensement et de connaissance des événements culturels et de leurs impacts économiques. Elle proposait en 1998 la création d’une commission interministérielle regroupant des représentants de la Culture, du Tourisme et de l’Aménagement du Territoire. Or, depuis lors, il semble qu’excepté la signature d’une convention entre le secrétariat d’Etat au Tourisme et le ministère de la Culture et de la Communication, les collaborations aient été limitées.

Comment expliquer de telles lacunes et la réticence des uns et des autres à travailler conjointement ? Jean-François Grunfeld dessine une possible réponse en parlant de « choc mental, culturel et professionnel » entre tourisme et culture. Les responsables touristiques visent des objectifs quantitatifs de fréquentation et de retombées économiques parfaitement quantifiables et à partir desquels est évalué leur travail. A l’inverse, un conservateur de musée ou un responsable culturel poursuit avant tout un objectif qualitatif artistique et culturel, dont l’évaluation n’est pas en premier lieu économique. Pour autant, dans le domaine des Festivals en tous cas, il semble que les variables que sont culture, tourisme, image et intégration sociales, soient indispensables et indissociables quant à la réussite des événements.

L’objet du mémoire est donc d’essayer de vérifier ces constats autour des Festivals et plus précisément dans le cas des trois exemples retenus. Qu’en est-il de la collaboration entre acteurs de la culture et du tourisme pour ces événements au succès et la notoriété installés ? Qu’est-ce qui pourrait expliquer l’absence ou la faiblesse d’actions coordonnées ?


Messages
  1. Re : Etat des lieux du tourisme culturel en France -- 28 avril 2004 09h34, par Diane
    coucou
    je viens de lire attentivement ton article il est intéressant faudrait juste regarder l’avant dernier paragraphe quelques coquilles se sont glissées : tu cites un auteur mais tu ne donnes que son prénom il y a un n qui se ballade dans "moraln" et il y a une phrase à la syntaxe douteuse (ou alors il y a une subtilité dans la subordonnée qui m’échappe !) bizz didou | Répondre à ce message
    Un n qui se ballade ? -- 8 mai 2004 17h52, par Le petit Prince
    Puisque nous en sommes à parler fautes de frappe, j’aimerais simplement faire un petit distinguo entre le verbe se balader (synonyme de se promener, errer, flâner, musarder, etc.), et une ballade (synonyme de chanson, lied, rotrouenge, virelai). D’autre part, vous devriez aller consulter l’article que je viens de mettre en ligne concernant le bon usage des règles élémentaires de ponctuation... et surtout la partie traitant des majuscules !
    A+ | Répondre à ce message
    J’allais oublier... -- 8 mai 2004 18h44, par Le petit Prince
    « Répertorisation » est un très joli néologisme (quoique décompte, recensement voire même dénombrement eût sans doute fait l’affaire). Eh oui ! Je me sens d’humeur particulièrement taquine aujourd’hui... | Répondre à ce message

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